Accueil > La presse > Nice : Il n’a pas donné signe de vie depuis le 2 septembre

Nice : Il n’a pas donné signe de vie depuis le 2 septembre

lundi 13 octobre 2014

La troublante disparition d’un gérant de sociétés

Qu’est-il advenu de Christophe Dalmasso ? Cet homme de 44 ans, gérant de sociétés et marchand de bleus sur la Côte d’Azur et en Corse, propulsé par un labeur acharné à la tête d’un patrimoine foncier de quelque 15 millions d’euros, n’a pas donné le moindre signe de vie depuis un peu plus d’un mois.
La brigade criminelle de la PJ de Nice n’a pas encore trouvé la clé de l’énigme qui a commencé le 2 septembre, avec l’incompréhensible disparition de cet homme considéré comme parfaitement intègre mais particulièrement coriace en affaires.

JPEG - 437.7 ko
L’article du Parisien

Un dernier coup de fil, passé de son portable, le situa alors dans le centre de Nice. Celui qui dirige avec son frère un important garage de Cagnes-sur-Mer paraît ce jour-là tout à fait normal. Mais ni sa famille - en dépit de l’état de santé, préoccupant de son père, auquel il est très attaché - ni ses interlocuteurs professionnels - notamment un directeur de banque qui devait lui remettre une importante somme d’argent - ne recevront plus aucune nouvelle. Sas cartes de crédit ne feront plus apparaître, dès lors, aucun débit. Et, plus Inquiétant encore, sa voiture, une BMW 230 Diesel, sera retrouvée calcinée, deux jours après sa disparition, dans la proche banlieue de Nice.
Le silence de Christophe Dalmasso se prolonge et les appels à témoins lancés par les policiers niçois n’ont encore donné aucun résultat. L’hypothèse d’un suicide paraît devoir être écartée, s’agissant d’un homme jeune, solide, nullement dépressif et de surcroît catholique très pratiquant. Celle du choix délibéré d’un exil « romantique » n’est guère plausible - mémo si l’on a appris par ses proches que Christophe Dalmasso, divorcé après avoir reconnu une fillette de 5 ans, semblait vouloir refaire sa vie. Après avoir effectué récemment quelques voyages dans les pays de l’Est, il avait manifesté un intérêt certain pour les jeunes femmes slaves. « Il s’était mis à fréquenter un cabaret russe de la Côte d’Azur », raconte un de ses amis.
Reste que l’homme restait d’abord accaparé par ses affaires. « On le savait aussi très combatif et ne cédant pas un pouce de terrain à ses partenaires, quitte à engager d’âpres procédures », dit-on dans son entourage. Cela avait été le cas pour l’expulsion d’un de ses locataires en Corse dont on avait retrouvé le logement incendié. Le 6 septembre dernier, un autre feu d’origine suspecte avait ravagé le terrain de cinq hectares où il avait aménagé un mini-golf sur la commune de l’Île Rousse (Haute-Corse). Une commune où Christophe Dalmasso était devenu, il y a une dizaine d’années, l’héritier contesté d’une richissime résidente, décédée à l’âge de 101 ans, Ce legs lui avait valu de devenir le propriétaire de la presqu’île de la Pietra. Autrement dit de vingt et un hectares coiffés d’un phare et d’une tour du XVI° siècle, dont cinq hectares constructibles.
Également propriétaire d’un immeuble bourgeois dans le centre de Nice, Christophe Dalmasso - homme secret, vivant dans un modeste studio à Cannes et dont nul ne savait vraiment ce qu’il faisait de son argent - avait fièrement confié à l’un de ses proches : « Maintenant, je dois peser autour de 15 millions d’euros… »
André Lucchesi
Publié le mercredi 8 octobre 2003
par André Lucchesi