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Mystère Dalmasso à Cannes : Et s’il s’agissait d’une disparition volontaire ?

lundi 13 octobre 2014

Mystère Dalmasso à Cannes
Et s’il s’agissait d’une disparition volontaire ?

Deux mois après que le jeune homme d’affaires azuréen s’est volatilisé, toutes les pistes demeurent envisageables. Celle d’une embrouille qui a mal tourné, d’une séquestration suivie d’un meurtre, tout autant que d’un départ organisé, pour couper les ponts.
Bientôt deux mois. Deux mois que des parents plus tout jeunes et un père diminué par la maladie vivent dans l’angoisse. Celle de ne plus avoir reçu le moindre signe de vie de leur fils depuis le 2 septembre. Cette date scelle en effet officiellement la disparition de Christophe Dalmasso, l’homme d’affaires cannois de 34 ans dont le sort constitue pour tous une véritable énigme.
« S’est-il volontairement volatilisé ou involontairement ? Nous privilégions ici comme dans toutes les situations le cas le plus grave, celui d’une disparition inquiétante et involontaire », confie le commissaire divisionnaire Guy Sapata, patron de l’antenne de police judiciaire de Nice, chargée de l’enquête.
Pour changer radicalement de vie ?

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L’article de Nice-Matin

Mais rien ne permet d’affirmer que ce garçon à la fois très croyant et très dur en affaires, qui dirigeait avec son frère un garage spécialisé dans la marque Subaru et les voitures d’occasion, au rond-point débouchant sur la bretelle autoroutière de Cagnes-sur-Mer, n’a pas organisé sa disparition.
« Il y a davantage de gens qu’on ne le croit qui un jour décident, sans raison apparente, de changer radicalement de vie, tout d’un coup », ajoute un enquêteur, en citant l’exemple de ce chef d’entreprise bordelais qui coupa les ponts avec les siens à soixante ans passés.
Puis en faisant le parallèle avec « ces personnes dont on apprend un beau matin qu’elles se sont suicidées alors qu’elles paraissaient sereines, une heure plus tôt ! »
Son ex-femme va un peu dans le même sens quand elle nous déclare : « Peut-être Christophe était-il malade et a-t-il voulu s’éloigner des siens pour les épargner »…
Les policiers tentent d’éplucher les nombreuses affaires mobilières et immobilières de Christophe Dalmasso et de savoir si ses comptes ont, ou non, bougé depuis le début septembre. Mais cela prouvera-t-il pour autant quoi que ce soit ? Car s’il a organisé sa fuite, sous le soleil des tropiques ou retiré du monde, dans un Monastère, il peut très bien avoir placé de l’argent sur un ou plusieurs comptes à l’étranger avant de se volatiliser.
L’étude de ses avoirs, sur laquelle planche aussi la section économique et financière de la P.J., est d’autant moins simple que l’homme d’affaires azuréen était « multicartes ».
Les affaires et l’argent
« Du moment qu’il y avait de l’argent à faire il était partant, C’était un redoutable procédurier, prêt à tout pour faire valoir ses droits et réaliser de bonnes opérations. Intransigeant, sans état d’âme, même si ses interlocuteurs étaient pris à la gorge. Il n’avait d’ailleurs pas hésité à relancer un escroc qui avait tenté de le léser, sur la revente d’une voiture et à le mettre à l’amende », explique un proche qui lui avait fait mesurer les risques qu’il encourait.
« Je lui avais dit : un jour, Christophe, tu tomberas sur un os, sur quelqu’un qui t’en voudra à mort… Mais, dans une semi-inconscience, ces considérations semblaient lui passer au-dessus de la tête ».
Énorme héritage en Corse, réalisé grâce à son ex-épouse, puis contesté sans succès devant la justice par l’entourage de la défunte d’un côté. De l’autre, fréquents voyages dans les pays de l’Est où il cherchait, selon certains, l’élue de son cœur, quand il ne fréquentait pas un cabaret cagnois spécialisé dans les spectacles de danses slaves. Ou encore, vacances en Amérique du Sud où il pouvait s’adonner à ses passions, la natation et le ski nautique. Le tout sur fond de « négociations ardues » inhérentes à ses activités, aussi diversifiées que mystérieuses.
« C’était un garçon très secret, qui ne nous disait rien », nous avouait récemment sa mère, effondrée par le départ inexpliqué et inexplicable d’un homme qui ne lâchait rien (d’aucuns l’ont comparé à un « véritable pit-bull ») et se vantait auprès de certains de « peser quinze millions d’euros ».
Des pistes aussi complexes que la personnalité du disparu
Pour les enquêteurs de la brigade criminelle de la P.J. de Nice, déterminés mais perplexes, les pistes sont aussi complexes et multiples que la personnalité du disparu.
La découverte, dans la nuit du 8 au 9 septembre, de sa BMW 530 diesel, incendiée dans la zone des concessionnaires automobiles de Nice-La-Plaine, n’a fait qu’épaissir encore un peu plus le mystère.
Si Christophe Dalmasso, qui vivait seul depuis son divorce, a quitté volontairement les siens et notre région, pourquoi aurait-t-il fait brûler sa voiture en laissant les clés dans l’habitacle ?
Et si quelqu’un l’a supprimé à l’issue d’une « embrouille » qui tourne mal, pourquoi avoir mis le feu à sa voiture en un secteur écarté du centre, mais pas totalement isolé, et avoir transporté son corps, mort ou vif, en un autre hypothétique lieu, sinon dans le but de gommer des traces ou indices compromettants ?
Chaque début de piste débouche pour l’instant sur une voie sans issue. Au grand dam des enquêteurs de la P.J. de Nice, qui doivent aussi songer à qui profite le crime (si crime il y a), et des magistrats du parquet de Grasse. Mais plus encore des parents, du frère et de tous les proches de ce garçon dont la vie était peut-être moins rangée qu’on pouvait l’imaginer.
Michel Barelli.

Publié le jeudi 30 octobre 2003
par Michel Barelli