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Disparition : le mystère Christophe Dalmasso

mercredi 15 octobre 2014

Disparu depuis septembre 2009, Christophe Dalmasso reste introuvable
Pratiquement un an après que l’homme d’affaires cannois s’est littéralement volatilisé les enquêteurs - qui ont évacué la piste corse et la thèse du départ volontaire - travaillent toujours dans plusieurs directions.
Les jours, les mois passent. Dans un peu plus d’un mois, cela fera une année que l’homme d’affaires cannois, Christophe Dalmasso, a disparu. Responsable avec son frère d’un garage situé à la sortie de Cagnes-sur-Mer, mais surtout marchand de biens avec une certaine réussite, ce brasseur d’affaires de 34 ans, s’est littéralement volatilisé depuis le 2 septembre dernier.
Ce mardi-là, à la mi-journée, il avait passé et reçu des coups de téléphone dans le centre de Nice, à proximité du centre commercial Nice-Etoile. Quelques jours plus tard, dans la nuit du 8 au 9 septembre, sa BMW 530 diesel était découverte entièrement calcinée devant les concessions automobiles de la marque allemande à Nice-la-Plaine.

L’espoir des proches

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L’article de Nice-Matin

Presque un an après, le mystère de sa disparition n’a toujours pas été élucidé. Si ses parents, des anciens marchands de fruits et légumes du marché Forville de Cannes, et ses proches conservent un espoir infime de le revoir vivant, les policiers ont mis de côté la piste d’une disparition volontaire. En raison de ses convictions religieuses très affirmées - il est catholique traditionaliste -, les enquêteurs n’avaient pas exclu un éventuel changement de vie, une longue « retraite » par exemple, le jeune homme étant très proche de certaines communautés monastiques.
Mais, aujourd’hui, c’est sans surprise la piste criminelle qui est privilégiée à défaut d’être suivie. Les enquêteurs de la PJ qui travaillent en permanence sur cette affaire dans le cadre d’une commission rogatoire ouverte pour « recherches des causes de la disparition », n’ont pas de piste précise. Mais, ils en ont déjà éliminé un certain nombre, comme celle du colossal et contesté héritage corse de Christophe Dalmasso.
Le Cannois était, en effet, devenu le légataire universel d’une centenaire, propriétaire de 21 hectares à L’Ile-Rousse, en Haute-Corse. Dans ce legs, il y a la presqu’île de La Pietra, qui a donné son nom à la cité, mais également un terrain vierge de 5 hectares constructible, situé non loin de la mer.
Outre le fait que cet héritage est contesté par les cousins de la défunte, la propriété de 21 hectares située dans un endroit très prisé, a de quoi susciter bien des convoitises. De plus quatre jours après la disparition du jeune homme, une partie du terrain de 5 hectares avait été mystérieusement incendiée. La conjugaison de ces éléments avait de quoi intriguer les enquêteurs. Des investigations réalisées par la PJ corse n’ont pas permis de développer une thèse de ce côté-là.
Reste celle de la vie sentimentale et des très (trop ?) nombreuses affaires de Christophe Dalmasso.
Le disque dur n’a pas parlé
Mais là-encore, les policiers n’ont pas trouvé de quoi constituer un mobile de meurtre. Grand voyageur, il cherchait apparemment à construire une vraie vie sentimentale et à trouver à l’étranger la femme parfaite, susceptible de partager sa foi et ses idéaux après un divorce douloureux.
C’est plutôt dans ses affaires que les enquêteurs pensent trouver un jour le fil qu’ils pourront ensuite tirer jusqu’à la vérité.
On sait que l’examen du disque dur de l’ordinateur de Christophe Dalmasso n’a rien donné. Tout comme sont restées vaines les investigations conduites à l’étranger où il avait des comptes et des sociétés destinées à réduire sa facture fiscale.
Les policiers ont épluché les multiples affaires et transactions effectuées par cet homme décrit comme « impitoyable dans le business », très procédurier, féru de droit, n’hésitant pas à plaider lui-même ses dossiers en justice ! Ils ont ainsi appris que Christophe Dalmasso prêtait de l’argent, des sommes importantes, avec un taux d’intérêt proche de l’usure. Et le jeune homme ne faisait manifestement pas dans la dentelle lorsqu’il s’agissait de recouvrir les créances. Ainsi, des contentieux avec des « mauvais payeurs » ont, semble-t-il, un temps retenu l’attention des policiers, mais rien de ce côté là non plus.
Qui gênait-il ? Qui lui en voulait ? À qui profite le crime, si crime il y a eu ? Le mystère reste entier.
Didier Chalumeau.

Publié le lundi 19 juillet 2004
par Didier Chalumeau