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Christophe Dalmasso : macabre découverte en baie de Cannes

mercredi 15 octobre 2014

Des fragments humains trouvés en mer en août dernier viennent d’être identifiés comme appartenant à l’homme d’affaires cannois disparu en septembre 2003. Le Brésilien soupçonné de l’avoir enlevé est désormais mis en examen pour meurtre, La famille aimerait connaître enfin la vérité.
C’est une terrible nouvelle qui a été livrée la semaine dernière aux parents et au frère de Christophe Dalmasso, cet homme d’affaires cannois disparu le 2 septembre 2003 au centre de Nice. Et qui met un point final à leur espoir de revoir leur fils et frère chéri vivant, comme ils nous l’ont encore écrit dans un courrier déchirant il y a quelques semaines. Ils ont, en effet, appris que Christophe était officiellement décédé.

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L’article de Nice-Matin

Plusieurs fragments de son corps ont été retrouvés entre le 8 et le 28 août dernier, par des CRS maitres-nageurs sauveteurs et des baigneurs au large de la plage du Moure Rouge de Cannes, et de la base nautique de Golfe-Juan.
Confiées aux gendarmes de la brigade des recherches de Cannes, ces parties de corps ont été identifiées grâce à la technique de l’ADN comme étant à 100 % issues du corps de Christophe Dalmasso.
Si cette découverte que le parquet de Grasse se refuse à confirmer ferme la porte à la piste d’une fuite volontaire, par exemple une retraite mystique, elle ne permet pas, en revanche, de connaître ni les circonstances de la disparition, ni celles de sa mort, « Ses parents sont évidemment effondrés, c’est l’horreur, mais avant de faire leur deuil, ils veulent savoir ce qui s’est passé et ils ne désespèrent pas de voir la police découvrir la vérité » réagit Me Claude Essner, avocat de la famille Dalmasso.
Les diverses investigations n’ont pas permis de retrouver le reste du corps. Logiquement, comme dans chaque affaire criminelle de ce type, des analyses anthropologiques devraient être pratiquées sur les fragments découverts.

Le squelette n’aurait pas été dépecé
Mais, de source proche du dossier, le squelette du disparu n’aurait pas, selon les premières constatations, été dépecé. Le fait que des morceaux aient été découverts en bord de mer juste après de très fortes intempéries et plusieurs éboulements en baie de Cannes laisse à penser que le corps, sommairement enterré, a pu être exhumé, traîné et disloqué par de véritables torrents de boue qui ont rejoint la mer. C’est du moins, pour les enquêteurs, une hypothèse plausible.
Quoi qu’il en soit, la découverte relance l’enquête conduite par la brigade criminelle de la PJ de Nice. Avec une première conséquence : le danseur de rue brésilien incarcéré en octobre dernier et jusque-là mis en examen pour « enlèvement et séquestration » est depuis ces jours derniers officiellement soupçonné de « meurtre » par le juge Leroy de Grasse. « Ce n’est qu’une piste » commente Me Essner.
Pour Ms Isabelle Silvano, du barreau de Grasse, son client, le danseur de « Capoeira », Borsa Da Silva Edno, locataire à Nice de la victime, est « innocent ». « Il sait sûrement des choses relatives à cette affaire, c’est sûr, mais cela ne fait pas de lui un meurtrier » avance l’avocate qui « espère que la confrontation de lundi (entre son client et son ex-amie, la fille de Christophe Dalmasso, N.D.LR.) aura permis au doute d’habiter le juge d’instruction. »
Mais pour l’instant, le danseur de « capoeira » nie toute implication. Et ce bien qu’il ait été trouvé en possession d’un document en possession de la victime le jour de la disparition.
Didier Chalumeau.

La victime : un dur en affaires au cœur d’artichaut
Autant l’homme était dur en affaires, impitoyable, autant il n’avait qu’une obsession, un véritable Graal : trouver une épouse aimante et fonder enfin un foyer après avoir vécu un divorce très douloureux d’avec une femme plus âgée que lui et dont il avait reconnu la fille alors âgée de cinq ans. « C’est un homme romantique, très croyant, un parfait gentleman » nous disait son ex-femme après sa disparition et qui vit à Nice dans un appartement de son ex-mari. Fils d’anciens commerçants en fruits et légumes estimés à Cannes, Christophe Dalmasso était un jeune homme de 34 ans à la personnalité plus complexe qu’il n’y laissait paraître.
Vu par ses proches, il était quelqu’un de simple, de cartésien, un pragmatique qui menait bien sa barque, s’occupait à merveille de ses parents et qui était très proche de son frère avec lequel il tenait un garage Subaru à Cagnes-sur-Mer. « Il n’avait qu’une parole, il était certes très dur, mais il était droit » nous a encore dit de lui sa maman hier soir.
Véritable brasseur d’affaires parti de rien, marchand de biens, le Cannois a parfois été perçu comme un requin par ceux qui ont été ses adversaires en justice. À tel point qu’il avait même été soupçonné par les héritiers d’une centenaire corse dont il avait hérité une colossale fortune en terrains à l’Île-Rousse en Corse d’avoir sciemment « choyé » cette personne pour capter son héritage. Finalement, il avait été blanchi par la justice. Profondément mystique, il avait beaucoup changé avant sa disparition et sortait davantage, fréquentant un cabaret russe.
Cet homme très procédurier avec ses créanciers, - au point de se faire des ennemis ? - était très fier de sa réussite. Au point de se vanter de peser 15 millions d’euros. Mais, paradoxalement, il vivait plus que simplement à Cannes dans un petit logement du quartier Stanislas, près du Suquet. Il n’avait qu’un signe extérieur de richesse : sa BMW 530d retrouvée brûlée quelques jours après sa disparition à Nice-La Plaine.
Publié le mercredi 19 janvier 2005
par Didier Chalumeau