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Assassinat de Christophe Dalmasso : sa fille interrogée

mercredi 15 octobre 2014

La fille adoptive de l’homme d’affaires cannois disparu et dont une partie de corps a été retrouvée est soupçonnée d’être l’instigatrice de la disparition de son père. Elle devait être interrogée hier soir par le juge.

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L’article de Nice-Matin

L’affaire « Dalmasso », du nom de cet homme d’affaires cannois de 34 ans disparu en septembre 2003, vient de connaître un véritable coup d’accélérateur. Inattendu, Quelques jours après l’annonce officielle de la découverte de fragments de corps identifiés à 100 % par l’ADN comme étant ceux de Christophe Dalmasso, la justice a passé la surmultipliée. Alors que le dossier est désormais requalifié en « assassinat », la fille adoptive de cet homme dont la trace avait été perdue dans le centre de Nice, le 2 septembre 2003, est en effet soupçonnée d’être l’instigatrice de la disparition définitive de son père. Ou tout au moins d’être partie prenante dans ce qui n’est encore qu’une énigme, mais qui pourrait bien devenir une bien ténébreuse affaire criminelle.
Cette étudiante en psychologie de 22 ans vivant avec sa mère a, en effet, été discrètement interpellée mardi à son domicile niçois et placée en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle de la police judiciaire de Nice. Des perquisitions ont été pratiquées à son domicile.
Mise en cause par son ex-compagnon
Au terme de 48 heures de garde à vue au sujet desquelles rien n’a filtré, elle a été présentée hier soir tard, au juge Leroy de Grasse.
Le fait que la jeune femme était partie civile, et à ce titre disposant d’un accès au dossier a-t-il précipité les événements ? Toujours est-il que Lucie savait qu’elle était dans le collimateur de la justice. Et ce depuis que son ex-compagnon, le Brésilien danseur de capoeira, mis en examen et incarcéré depuis le mois d’octobre dernier dans ce dossier, l’a fortement mise en cause. Et cela lors d’une confrontation organisée par le juge le mois dernier.
« Marecco », le danseur de rue brésilien « sait des choses, selon son avocate, Me Isabelle Silvano, mais n’est pas impliqué dans cette affaire »
Borsa Da Silva Edno, 29 ans, surnommé à Nice « Marecco » qui était également le locataire d’un appartement de Christophe Dalmasso dans le même immeuble que l’ex-femme et la fille de ce dernier, affirme en effet que Lucie lui a confié être l’instigatrice de la disparition.
Mais où, comment, par qui ? Cela, il jure l’ignorer. Tout juste se rappelle-t-il que la jeune femme lui a montré un soir d’hiver 2003, l’endroit où aurait été laissé le corps. Extrait de sa cellule, mardi soir, et accompagné du juge, des policiers et de son avocat, il n’est pas parvenu à retrouver l’endroit entre Golfe-Juan et Cannes.
Quoi qu’il en soit, la justice a manifestement pris au sérieux les accusations du danseur de capoeira et s’attache à les vérifier. D’autant que ces soupçons sont largement évoqués depuis plusieurs semaines par l’entourage proche de Christophe Dalmasso, qui s’est même plaint à plusieurs reprises de la lenteur de l’instruction, allant jusqu’à écrire aux plus hautes autorités de l’État.
Pour la justice, comme pour les enquêteurs, Lucie avait un mobile. Elle était l’héritière de son père adoptif. Et ce même si ce dernier avait engagé les démarches pour renoncer officiellement à sa paternité et ainsi priver sa fille de l’héritage, très important, même réduit à son minimum légal.
De fait, les relations entre le père et la fille s’étaient énormément dégradées depuis près de deux ans. Au point qu’il y a eu des plaintes croisées entre les deux protagonistes pour des histoires d’argent.
À l’évidence, les enquêteurs ont toutes les raisons de concentrer leurs investigations sur le cercle familial de la victime.
Didier Chalumeau.

Publié le vendredi 4 février 2005
par Didier Chalumeau