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Elle aurait fait disparaître son père adoptif pour hériter

mercredi 15 octobre 2014

Article publié dans Le Parisien, le 5 février 2005
La fille adoptive de l’homme d’affaires Christophe Dalmasso, 34 ans, un riche concessionnaire automobile et ambitieux marchand de biens de la Côte d’Azur, disparu depuis le 2 septembre 2003, a été mise en examen et écroué pour l’assassinat de son père.

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L’article du Parisien

Cet été, des fragments du corps de la victime avaient été repêchés au large de Golfe-Juan et identifiés après des analyses génétiques comme étant de celui de l’homme d’affaires. La jeune femme âgée de 22 ans, étudiante en psychologie, avait un conflit avec son père adoptif qui avait entrepris de ne lui accorder que le minimum légal pour son héritage.
Marié à 17 ans avec Élizabeth, la mère de Lucie, qui avait 5 ans à l’époque, Christophe Dalmasso était un catholique pratiquant et intransigeant. Dur en affaires, il avait lui-même bénéficié de plusieurs gros héritages dont l’un d’eux lui avait valu une mise en examen pour abus de faiblesse. Christophe Dalmasso avait vite compris l’intérêt de spéculer sur l’immobilier des bords de la Méditerranée et dirigeait un garage automobile spécialisé dans les occasions haut de gamme.
Le 2 septembre 2003, Christophe Dalmasso disparaissait sans aucune raison. Ses affaires étaient florissantes et sa fortune assurée. Sa voiture, une BMW, était retrouvée six jours plus tard, carbonisée en bord de mer au débouché de la plaine du Var.
Au mois de septembre dernier, le compagnon de Lucie, un danseur brésilien, Edno Borba da Silva, était écroué. Les enquêteurs de la brigade criminelle de la PJ de Nice avaient retrouvé chez lui des chèques appartenant à la victime et remis par des clients le jour de sa disparition. Dénoncée par son petit ami « On lui reproche d’avoir été en possession de certaines pièces mais il n’a aucun rôle actif dans l’affaire », assure Isabelle Silvano, son avocate, avant de s’interroger sur « l’intérêt de son client » à participer à ce meurtre.
Le juge d’instruction et les enquêteurs n’ont pas fini de cerner les « rôles » de chacun. Mais mardi soir le danseur, surnommé Marecco, a « chargé » Lucie dans le bureau du juge Leroy, au tribunal de Grasse. Lucie, une enfant légitimée par le mariage de sa mère avec Christophe Dalamasso, était ulcérée de voir lui échapper une partie de la fortune de son père et avait répliqué en lui faisant un procès. Lucie en voulait à son père. Les circonstances de la mise à mort de Christophe Dalmasso sont toujours nébuleuses.
Seuls des morceaux de corps de la victime ont été retrouvés dans la baie de Cannes au cours de l’été 2004. Le cadavre aurait pu être d’abord enterré non loin de la mer avant d’être emporté par le ravinement au large. Autre hypothèse, le corps aurait pu être exhumé par ses meurtriers avant d’être pulvérisé avec des explosifs. Des expertises complémentaires sont en cours.

Publié le samedi 5 février 2005
par Jean-Marc Ducos