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Affaire Dalmasso : la fille de la victime mise en examen

mercredi 15 octobre 2014

La fille adoptive âgée de 22 ans de l’homme d’affaires cannois a, comme le danseur de rue brésilien incarcéré depuis octobre dernier, été mise en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat.
Après avoir été longuement entendue, durant une bonne partie de l’avant-dernière nuit dans le cabinet grassois du juge Leroy, la fille adoptive de Christophe Dalmasso a finalement été mise en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat avant d’être écrouée au quartier des femmes de la maison d’arrêt de Nice. Cette jeune femme de 22 ans a donc rejoint le centre de détention où son ex-compagnon, le danseur de rue brésilien, Borba Da Silva Edno, âgé de 29 ans, est déjà incarcéré depuis octobre dernier pour les mêmes motifs.

Une grosse pression
Pour certains proches de l’enquête, la pression mise par la famille de l’homme d’affaires cannois de 34 ans, n’est pas totalement étrangère à ce nouveau rebondissement, qui intervient dix-sept mois presque jour pour jour après la disparition du garagiste multicartes, qui brassait énormément d’argent.
La trace de Christophe Dalmasso se perd en effet au tout début septembre 2003, près du centre commercial Nice-Étoile, où est enregistré le dernier coup de fil sur son portable.

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L’article de Nice-Matin

Une semaine plus tard, sa BMW Série 5 est découverte calcinée au début de la Plaine du Var. Puis c’est le trou noir, jusqu’au mois dernier : l’analyse faite de fragments de corps découverts les 8 et 28 août 2004 par des baigneurs entre Cannes et Golfe-Juan confirme, après comparaison avec l’ADN du disparu, ce que redoutaient depuis longtemps les enquêteurs de l’antenne PJ de Nice : le malheureux n’est plus en vie et la thèse criminelle ne fait plus guère de doute.
De la Russie au Brésil en passant par la Corse et la Côte d’Azur, au hasard d’une vente de voiture qui aurait mal tourné, les pistes ne manquent pas.
Elles vont finalement se recentrer, comme souvent en pareil cas, sur l’entourage immédiat. En grattant tous azimuts, les limiers du groupe criminel de la police judiciaire niçoise vont s’apercevoir que l’ancien petit copain de la fille de la victime détient des formules de chèques libellées par le disparu, et que ce dernier était censé détenir au moment de sa disparition.

Le danseur de rue et la belle étudiante
Borba, le danseur de capoeira brésilien était un locataire de Christophe Dalmasso. Le fait qu’il ait souvent varié dans ses déclarations n’a apparemment pas joué en sa faveur.
En l’état actuel de l’enquête, il est suspecté d’être l’homme de main qui aurait fait disparaître le corps. Celui que beaucoup surnomment « Marecco » aurait dans un premier temps laissé croire à Lucie que son père s’était installé et remarié au Brésil, avant d’affirmer que la fille de la victime lui avait avoué être l’instigatrice de la disparition. Selon ses dires, la jeune et jolie étudiante lui aurait même « montré l’endroit où elle avait fait enterrer l’homme d’affaires, près de Cannes ». Le transport de justice effectué mardi en compagnie du mis en cause n’a rien donné, Borsa s’avérant incapable de conduire magistrats et policiers sur les lieux de l’inhumation présumée.
Si les mobiles du danseur de rue brésilien semblent peu évidents, à l’exception d’une relation qu’il aurait voulu renouer avec la jeune femme, ceux de cette dernière pourraient se dessiner sur fond de fréquentes disputes avec la victime - auquel elle reprochait notamment « son avarice » - et de privation d’héritage ; Christophe Dalmasso ayant manifesté la volonté de faire de son frère Laurent, son légataire universel.
Il se dit que cette « épée de Damoclès » pesait au-dessus de Lucie, mais aucune démarche n’avait encore été officiellement entreprise par son père dans ce sens.
Le juge de la liberté et de la détention a en tout cas estimé que les éléments pesant à son encontre étaient suffisamment lourds pour la faire écrouer.
Michel Barelli.
Lucie est présentée comme une jeune femme dotée d’une intelligence supérieure à la moyenne.

Les parents veulent savoir…
« L’arrestation de Lucie Dalmasso me paraît être une évolution normale du dossier, vu les discordances et contradictions graves qui existent. La piste des affaires semble en tout cas désormais devoir être définitivement écartée, commentait hier soir Me Claude Essner, l’avocat des parents de la victime. Il convient maintenant de savoir lequel des deux mis en cause ment le plus (NDLR : Lucie ou Borba da Silva) et pour quelles raisons. La famille de la victime est pour sa part satisfaite de voir que ça évolue : ce que veulent par-dessus tout, ses parents, c’est apprendre quand, comment et par qui Christophe Dalmasso a été tué ».
« Je suis surpris et même catastrophé. À la vue du dossier, il n’y a aucun réel élément matériel à charge contre ma cliente, sinon les affabulations à géométrie variable de « Marecco », confiait de son côté Me Gérard Bentata, avocat de Lucie. « Quant à un éventuel désaveu de paternité pour qu’elle soit déshéritée, il ne pouvait en être juridiquement question, puisque les délais pour lui retirer sa qualité d’enfant légitime étaient largement forclos ( [1]) ».

Une jeune femme intelligente
Âgée de 22 ans, Lucie Dalmasso est décrite comme une jeune et brillante étudiante en psychologie. Bachelière à 16 ans, elle partit à 18 ans aux États-Unis pour se marier, dans le Texas. Deux ans plus tard, elle revenait en France, seule. On peut, par certains côtés, comparer sa trajectoire avec celle qu’avait suivie sa mère. Élisabeth Kirstein, qui partageait avec elle un appartement au « Château Beaulieu », la résidence de la rue du Maréchal-Foch appartenant à Christophe Dalmasso où vivait aussi le capoeiriste brésilien, avait connu l’amour très tôt de l’autre côté de l’Atlantique. L’union donna naissance à Lucie. Mais très vite, elle se sépara pour venir s’installer en France où elle fit la connaissance de l’homme d’affaires cannois (elle partageait notamment sa ferveur religieuse), qui reconnut immédiatement Lucie, sa fille en bas âge.
Comme souvent dans les familles recomposées, le courant passa de façon alternative entre le père et sa fille adoptive, qui fut longtemps placée en pension.
Jolie métisse, Lucie est présentée comme une jeune femme dotée d’une intelligence supérieure à la moyenne. Elle est apparemment restée de marbre quand les policiers de la « Crime » sont venus la chercher mercredi à son domicile niçois, puis en apprenant qu’elle allait passer sa première nuit derrière des barreaux…
M. B.
[1] Ce délai est de six mois. Or la jeune femme a été reconnue depuis sa plus tendre enfance par Christophe Dalmasso. Et dans tous les cas, elle n’aurait pu perdre que 50 % de l’héritage.
Publié le samedi 5 février 2005
par Michel Barelli