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L’énigme du meurtre de Christophe Dalmasso devant la justice

mercredi 15 octobre 2014


Article publié dans Nice-Matin, le 16 mars 2009
« Le 4 mars, il aurait eu 41 ans », soupire avec gravité Renée Dalmasso, la mère de Christophe, cet homme d’affaires cannois disparu le 2 septembre 2003. À partir d’aujourd’hui, elle sera confrontée au meurtrier présumé de son fils, renvoyé devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Cinq ans qu’elle attend ce procès. Cinq ans depuis la découverte, en août 2004, des fragments du corps de Christophe en baie de Cannes et à Golfe-Juan. Des restes humains probablement ensevelis sur les hauteurs dominant Cannes et rejetés à la mer à la suite d’intempéries.

La très contestée constitution de partie civile de la fille adoptive
Le 9 décembre 2003 déjà, la voiture de cet homme à la tête d’une fortune conséquente, gérant, avec son frère Laurent, d’un garage à Cagnes-sur-Mer, propriétaire de vastes terrains à Île Rousse en Corse, avait été retrouvée calcinée dans le quartier Les Plaines à Nice, laissant présager le pire.

Aujourd’hui et jusqu’à vendredi, l’accusé, Edno Borba da Silva, un ressortissant brésilien de 34 ans, danseur de capoiera, ex-amant de Lucie, la fille adoptive de Christophe, s’expliquera sur les faits. Celui que plusieurs personnes mettent en cause avait en outre été le dernier à parler à la victime le 2 septembre 2003.

La jeune Lucie, aujourd’hui âgée de 27 ans, avait été mise en examen le 3 février 2005 et écrouée, désignée comme commanditaire de l’assassinat de son père adoptif qui avait pris la décision de la déshériter. En octobre 2007, elle bénéficiait toutefois d’un non-lieu rendu par la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Une décision que ne comprennent toujours pas Renée Dalmasso, ni les avocats d’Edno Borda da Silva, Mes Silvano, Di Pinto et Soussi. Ce dernier déplore : « Pendant 4 ans d’instruction, on nous explique qu’il y a une instigatrice, Lucie, et un exécutant, Borba - ce qu’il conteste. Aujourd’hui, ce n’est plus le même procès. Nous attendons tout de l’audience ».

Pendant toute l’enquête, Lucie et Borba n’ont cessé de nier les faits, s’accusant mutuellement du meurtre. Le procès qui commence permettra-t-il de découvrir enfin la vérité ?

« Je veux la vérité et je l’aurai »
Car Lucie sera elle aussi présente devant la cour d’assises, mais sur le banc des parties civiles. Une idée que ne supporte pas Renée Dalmasso. « Il va y avoir un incident, prévient-elle. Mes avocats Mes Valiergue, Rossi et Pelletier ne la veulent pas à côté d’eux. Quant à moi, je vais essayer de me tenir. Je penserai très fort à mon fils et à mon mari, décédé il y a peu ». L’audience promet donc d’être mouvementée. Car pour cette femme de 68 ans, la culpabilité de Lucie ne fait aucun doute : « La vérité je la veux et je l’aurai. Et le jour où elle éclatera enfin, ça va faire mal ».

Publié le lundi 16 mars 2009
par Mathilde Tranoy