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Affaire Dalmasso : le coupable est-il bien sur le banc des accusés ?

mercredi 15 octobre 2014


Article publié dans Nice-Matin, le 17 mars 2009
« Lucie m’a dit qu’elle avait fait assassiner son père et que désormais elle était riche » a déclaré Edno Borba da Silva, accusé du meurtre de Christophe Dalmasso, à la cour d’assises des Alpes-Maritimes devant laquelle il comparaît depuis hier et jusqu’à vendredi.

On l’imaginait grand, élancé, le teint hâlé et la chevelure épaisse, ce Brésilien de 35 ans, danseur de capoiera. Petit, rond et rougeaud, les bras courts et le crâne dégarni, l’ex-amant de Lucie Dalmasso a longuement été interrogé sur ses relations avec la fille adoptive de la victime, un gérant de société cannois de 34 ans, enlevé et exécuté en septembre 2003. Il a expliqué comment la jeune femme l’avait manipulé pour qu’il mente aux enquêteurs afin de la couvrir. « Je n’étais pas amoureux d’elle, ajoute-t-il toutefois. C’était seulement pour le sexe. Mais petit à petit, je me suis attaché ».

« Étiez-vous attiré par son argent ? » lui demande la présidente Nicole Besset. Il dément : « Non. Mais quiconque a eu des rapports sexuels avec Lucie sait à quel point on y est ensuite attaché ».

Borba incollable sur la famille Dalmasso
Ami et locataire du père, rencontré au Brésil en mars 2003, confident de la fille de qui il devient l’amant le lendemain de leur rencontre à Château Beaulieu, immeuble dont Christophe est le propriétaire, Borba est incollable sur la famille Dalmasso. La jeune femme, étudiante en psychologie à la faculté de Nice, lui aurait révélé la procédure de désaveu de paternité que Christophe Dalmasso comptait engager contre elle et le testament rédigé en faveur de son frère Laurent. Ce qui l’aurait mise dans une rage folle. Elle aurait donc prémédité l’enlèvement de son père adoptif par deux Tunisiens et Ignacio, un ami commun. Les trois hommes l’auraient attendu à l’intérieur de son garage de l’avenue Foch à Nice puis conduit sur les hauteurs de Cannes avant de le poignarder.

Borba n’était pas présent, dit-il : « Je faisais de la capoiera cours Saleya ». Le jour des faits, au moment où Christophe aurait été enlevé, le téléphone portable de Borba active pourtant les bornes situées près du garage. « C’est Lucie qui a utilisé mon téléphone » affirme-t-il avec aplomb.

« Pour s’appeler elle-même » relève l’avocat général Mickaël Darras.
Tout au long de cette première journée d’audience, Borba Da Silva n’a fait que confirmer ses déclarations faites lors de l’enquête, accusant Lucie du meutre, elle qui a pourtant bénéficié d’un non-lieu.

Ce matin, la cour se prononcera sur la recevabilité de la constitution de partie civile de la jeune femme de 27 ans, demandée hier par Me Noachovitch. Une constitution jugée « indécente » par les avocats de la famille Dalmasso, Mes Rossi, Valiergue et Pelletier, et « qui privera les débats de loyauté » ajoutaient pour la défense Mes Silvano, Soussi et Di Pinto.

Publié le mardi 17 mars 2009
par Mathilde Tranoy