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Meurtre de Christophe Dalmasso : une possible reprise de l’enquête

mercredi 15 octobre 2014

Assises des Alpes-Maritimes

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L’article de Nice-Matin

Le procès du meurtrier présumé de Christophe Dalmasso, qui occupe la cour d’assises depuis lundi dernier et censé s’achever ce soir, sera-t-il renvoyé ? C’est en tout cas le souhait de la famille de l’homme d’affaires disparu le 2 septembre 2003 au vu des nouveaux éléments apparus au cours de ces sept jours d’audience. Hier, la police judiciaire de Nice a rendu compte des fouilles effectuées la veille sur un terrain au Cannet. Sur cette propriété appartenant au grand-père maternel de Lucie Dalmasso, la fille adoptive de la victime désignée par l’accusé comme l’instigatrice du meurtre de son père, les enquêteurs ont retrouvé des os. Un fémur et plusieurs vertèbres d’animaux. Or le corps du Cannois de 34 ans avait été découvert en août 2004 sur la plage au milieu d’os de bovins.

Dans la salle de bain, les faïences ont réagi positivement au bluestar, révélateur de sang mais aussi de produits détergents. Sang de la victime ou simple eau de javel ?
Les résultats ne seront pas connus avant 48 heures. C’est dans ces conditions que l’avocat général Mickaël Darras et les avocats de la partie civile Mes Pelletier, Rossi et Valiergue ont demandé un supplément d’information. Si cette demande est acceptée, elle conduirait, le temps de nouvelles investigations, au renvoi du dossier. La cour rendra sa décision ce matin.

« Je suis sûre que mon fils a été tué sur le terrain du grand père, c’est ma conviction de maman » a indiqué hier Renée Dalmasso qui a supplié la cour d’ordonner un supplément d’information.

« Si je parle je suis cuit »
Tous attendaient beaucoup de cette audience. Tous espéraient un aveu, un indice qui permettrait de relancer l’affaire. Mais c’est sur un sentiment de frustration que se sont quittées hier toutes les parties.

Une dernière fois encore, ils y ont cru, lorsque Edno Borba da Silva, le Brésilien de 34 ans accusé d’un meurtre qu’il n’a assurément pas pu commettre seul, pressé de questions par Me Pelletier, se met à pleurer : « On m’a menacé en prison. Si je parle je suis cuit ». « Pas de noms alors. Dites-nous juste comment ça s’est passé » l’implore l’avocat. « Nous veillerons à ce que vous soyez protégé et placé dans une autre prison » s’engage l’avocat général. L’accusé marque une pause. Puis lâche enfin : « Je n’étais pas présent quand on a fait du mal à Christophe mais je sais qu’on lui a tendu un guet-apens dans son garage. Trois personnes l’ont pris, l’ont emmené. La quatrième personne, Lucie, n’était pas présente mais a donné les instructions ». Rien de vraiment nouveau. La salle retient son souffle. Voudrait en savoir plus. Renée Dalmasso, la maman du disparu, prie. Lucie, effondrée, pleure. Puis Edno demande à parler à ses avocats Mes Soussi, Silvano et Pi Pinto. L’audience est suspendue. À la reprise, le petit danseur de capoeira n’en dira pas plus. Il dit savoir qui a brûlé la BMW de Christophe à la demande de Lucie le 8 septembre 2003. Cette BMW achetée avec une partie de l’argent que l’homme d’affaires avait mis à la disposition de sa fille adoptive, point de départ de la brouille entre la fille et le père qui émettra plus tard le souhait de la déshériter. Edno désigne alors Krahim, son ex-fournisseur de cannabis. Trente minutes plus tard, contre toute attente, le petit Niçois de 28 ans est appelé à la barre où il nie tout en bloc. Les espoirs s’envolent.
Mathilde Tranoy

Publié le mardi 24 mars 2009
par Mathilde Tranoy