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Affaire Dalmasso : l’accusé est libéré, l’enquête est relancée

mercredi 15 octobre 2014


Article publié dans Nice-Matin, le 25 mars 2009
Il est 17 h 20 à la maison d’arrêt de Nice. Edno Borba da Silva pousse la lourde porte, ses effets personnels sous le bras. Le Brésilien de 34 ans, accusé du meurtre de Christophe Dalmasso, se jette dans les bras de ses avocats, les embrasse, les remercie. Après cinq ans de détention provisoire et plus 100 heures d’audience, l’homme a été remis en liberté, hier, par la cour d’assises des Alpes-Maritimes.
Personne n’y croyait vraiment. Ni Mes Silvano, Soussi et Di Pinto, qui ont soutenu avec véhémence cette demande de mise en liberté. Ni l’avocat général, Mickaël Darras, qui s’y était opposé. Encore moins ce petit danseur de capoiera, seul dans le box des accusés depuis dix jours, loin de sa famille depuis cinq ans.

Coup de théâtre
Cinq ans qu’il clame son innocence. Cinq ans qu’il désigne Lucie Dalmasso, la fille adoptive de la victime, comme l’instigatrice du meurtre de son père. Cinq ans que la justice fait la sourde oreille. Jusqu’à hier.

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L’article de Nice-Matin

L’ultime coup de théâtre d’une journée riche en rebondissements après un procès-fleuve et complexe ponctué de frustrations, d’espoirs déçus, d’aveux ardemment espérés et jamais vraiment obtenus.

La veille, lundi, les avocats de la famille de l’homme d’affaires disparu le 2 septembre 2003 demandaient un supplément d’information au vu des éléments nouveaux apparus durant le procès (nos éditions précédentes). Hier matin, la présidente Nicole Besset faisait droit à cette demande et ordonnait le renvoi de l’affaire à l’instruction.

Un soulagement pour la famille Dalmasso, convaincue de la culpabilité de Lucie. La jeune femme avait obtenu un non-lieu après sa mise en examen pour assassinat. « Mission accomplie » pour leurs avocats Mes Michel Valiergue, Valérie Rossi et Jean-Luc Pelletier qui attendaient ce renvoi depuis le premier jour du procès.

Cadeau d’anniversaire
Dans la foulée, Mes Silvano, Soussi et Di Pinto demandaient et obtenaient la mise en liberté d’Edno Borba da Silva, le temps de ces nouvelles investigations.
À l’annonce de la décision, Borba est abasourdi. Me Isabelle Silvano pleure.
« C’est une belle décision de justice, émouvante parce qu’on lui a rendu sa dignité d’homme. On a eu raison de se battre. Notre cause était juste », déclare à la sortie de l’audience Me Philippe Soussi.
« Pendant cinq ans, j’ai parlé et personne ne m’a écouté. Aujourd’hui, je suis complètement troublé. Hier, c’était mon anniversaire. C’est mon cadeau ! La première chose que je vais faire, c’est appeler ma mère ».
À la sortie de maison d’arrêt, le Brésilien est bouleversé. Ces jours prochains, à Saint-Laurent-du-Var où il est hébergé chez un ami, il va tenter d’oublier un peu la prison, la violence et l’isolement en attendant un nouveau procès.

Publié le mercredi 25 mars 2009
par Mathilde Tranoy