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Procès Dalmasso : Borba Da Silva libéré et en fuite

mercredi 15 octobre 2014

Remis en liberté sous contrôle judiciaire strict depuis un an, l’ancien accusé a quitté illégalement la France.

Edno Borba Da Silva, ici avec Me Philippe Soussi lors de sa libération, a appelé son conseil la semaine dernière pour lui avouer qu’il avait quitté la France.

Article publié dans Nice-Matin, le 11 février 2010

Un dossier qui piétine, un premier procès qui a repris à zéro les investigations, un calendrier judiciaire à venir qui n’est même pas ébauché… L’affaire, en 2003, de la disparition et de la mort de Christophe Dalmasso, qui semble s’enliser depuis un an, vient de connaître un nouveau rebondissement.

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L’article de Nice-Matin

Edno Borba Da Silva, accusé de l’assassinat au tout début du procès, libéré en mars dernier, vient de prendre la fuite. Il était soumis à un contrôle judiciaire très strict et à une interdiction de quitter la France. Borba Da Silva a informé, jeudi dernier, son avocat, Me Philippe Soussi, qu’il a joint par téléphone, en lui demandant de rendre l’information publique.

« Mon client m’a indiqué que sa situation en France était devenue insupportable, tant sur le plan matériel que physique et mental. Edno Borba Da Silva vit depuis un an dans le dénuement le plus complet. Il est dans l’impossibilité de travailler car la demande d’admission exceptionnelle au séjour qui le lui permettrait a été rejetée en novembre dernier par la préfecture. De plus il n’a plus aucune confiance dans la justice ».
Pourtant « il a réaffirmé farouchement son innocence et a pris l’engagement solennel de venir à un nouveau procès. Il ne s’est jamais remis de la procédure qu’il a subie mais il m’a paru parfaitement sincère lorsqu’il m’a précisé qu’il reviendrait », explique Me Philippe Soussi.

« C’est la décision d’un homme de 35 ans, laminé par une procédure désastreuse, qui a effectué quatre ans et demi de détention provisoire. Je reste absolument convaincu de son innocence ».

Hier Me Valérie Rossi, partie civile, informée de la fuite de Borba Da Silva, déclarait : « Ça ne change rien, la vérité, nous l’aurons. L’usure du temps, de la procédure, les incompétences cumulées, ce véritable carnage judiciaire, rien n’entamera notre détermination à faire éclater la vérité. On ne reculera pas et il y aura des surprises ! Nous attendons beaucoup de la Chambre de l’Instruction qui est responsable de cette situation, c’est donc à elle de réparer ! ».

De l’assassinat au supplément d’information
Edno Borba Da Silva avait d’abord été poursuivi pour assassinat, puis la poursuite avait été revue à la baisse : meurtre commis pour faciliter le vol du chéquier de la victime. À la fin du procès devant la Cour d’Assises des Alpes-Maritimes, la complicité de meurtre avait été envisagée « sans que l’on sache de qui il aurait été le complice et en quoi il aurait été le complice », souligne Philippe Soussi. Puis, au terme de dix jours de débats, le procès avait été renvoyé pour supplément d’information, lequel devait prendre en compte des charges nouvelles.

Remis en liberté, Edno Borba Da Silva a failli retrouver la prison : la juge d’instruction Catherine Bonnici avait demandé en septembre dernier sa réincarcération après les révélations d’un témoin, Wissem Kraiem, mais la demande avait été rejetée par la Cour d’Appel. Kraiem avait été mis en examen pour complicité de meurtre et écroué.

Publié le jeudi 11 février 2010
par Rémy Doncarli