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Disparition de Christophe Dalmasso

lundi 29 septembre 2014

Christophe Dalmasso, 34 ans, responsable avec son frère d’un garage à Cagnes, mais domicilié à Cannes, n’a plus donné signe de vie depuis un mois. Sa voiture a été retrouvée entièrement calcinée à Nice-la-Plaine.
Ne pas avoir de nouvelles d’un proche depuis plusieurs jours, cela inquiète forcément. Mais la situation devient carrément alarmante quand tout va dans le sens d’une disparition qui s’éternise et que l’on apprend que nul n’a plus vu la moindre trace de l’être cher depuis un mois. Et enfin, que sa voiture a été découverte entièrement calcinée.

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L’article de Nice-Matin

Disparition volontaire, enlèvement suivi d’une séquestration, voire meurtre avec la volonté de ne laisser aucun indice ?
Telles sont les pistes qui s’offrent à la brigade criminelle de l’antenne PJ de Nice depuis qu’elle a été saisie, ces jours derniers, par le parquet de Grasse pour mener une enquête qui s’annonce aussi délicate que celle des « disparus de Gairaut » [1].
Responsable avec son frère d’un garage situé à la sortie de Cagnes-sur-Mer, Christophe Dalmasso, 34 ans, s’est littéralement volatilisé depuis le 2 septembre dernier. Ce mardi-là, à la mi-journée, il a passé et reçu des coups de téléphone dans le centre de Nice, à proximité du centre commercial Nice-Étoile.
Depuis, plus rien. Ni retrait bancaire, ni visite à ses parents -bien que son père auquel il est très attaché soit gravement malade - ni même de rendez-vous honoré auprès de sa banque, où il devait pourtant aller retirer une importante somme d’argent.
Rien qui aille-dans les habitudes de cet homme très brun, à l’allure sportive, et à la réputation de gros travailleur, rigoureux, mais plutôt dur en affaires.
Il brassait beaucoup d’argent
Après un BTS de mécanique, Christophe Dalmasso s’était lancé à corps perdu dans le domaine juridique et l’immobilier, avec la volonté affirmée de réussir sa vie. Quand il ne s’occupait pas du garage cagnois, spécialisé notamment dans la vente de Subaru, qu’il dirigeait aux côtés de son frère cadet, ce jeune divorcé jouait les marchands de biens.
Achetant et revendant au gré des plus-values, il avait du succès dans ses affaires. Ses activités professionnelles faisaient qu’il brassait ainsi beaucoup d’argent entre la Côte d’Azur et la Corse et était très l’aise financièrement. Domicilié à Cannes, quartier Stanislas, près du Suquet, il gérait notamment un immeuble bourgeois qu’il possédait, avenue du Maréchal-Foch, à Nice.
Faut-il chercher dans ces activités multiples, d’homme d’affaires hyperactif, les raisons de sa mystérieuse disparition ?
La découverte, dans la nuit du 8 au 9 septembre, de sa BMW 530 diesel, entièrement calcinée (par qui, pourquoi ?) devant les concessions automobiles de Nice-la-Plaine, n’a fait que compliquer l’énigme. Et inciter à redouter le pire.
Catholique pratiquant, et même fervent, à la limite du traditionalisme selon certains, Christophe Dalmasso a un passé sans histoire, qui ne permet pas d’orienter le sens de sa disparition. Grand voyageur, il cherchait apparemment à construire une vraie vie sentimentale et à trouver la femme parfaite, susceptible de partager sa foi et ses idéaux.
En quête d’une âme sœur qui lui corresponde, il s’était notamment rendu à plusieurs reprises dans les pays de l’Est. Une autre piste, celle d’un changement radical de vie, qui ne peut être écartée, même si plusieurs taches d’ombre laissent craindre une disparition non volontaire.
C’est un peu sur des bases similaires qu’avait démarré l’affaire Véran-Raspini, du nom de cette femme de 74 ans et de son fils de 48 ans qui avaient mystérieusement disparu de leur propriété de Gairaut. Des indices avaient toutefois permis à la PJ de Nice d’appréhender assez rapidement et de confondre par la suite trois suspects qui, plusieurs mois plus tard, les avaient conduits sur un terrain de l’avenue Sainte-Marguerite où le corps de la mère et de son fils avaient été enterrés, scellés dans un même tragique destin.
Mais dans « l’affaire Dalmasso », chacun, à commencer par son entourage, veut encore garder l’espoir d’une heureuse issue.
Enquête de Michel Barelli et Didier Chalumeau.
Appel à témoins
Christophe Dalmasso s’est mystérieusement volatilisé depuis tout juste un mois. Son dernier signe de vie est un appel passé sur son portable, à Nice, le 2 septembre vers 13h30, aux abords du centre commercial Nice-Étoile, en direction de la Corse. Certains indices, comme sa BMW 530d découverte entièrement calcinée, peuvent laisser craindre le pire.
Toute personne susceptible de fournir des indications à son égard est priée de contacter l’antenne de police judiciaire de Nice : Tél. 04.92.17.24.10.
« Un garçon droit mais très secret »
« C’est moi qui, en recherchant sa trace, ai retrouvé la voiture brûlée de mon frère devant la concession Azur-Autos de BMW. Le connaissant, j’ai compris qu’il avait dû se passer quelque chose de grave. Ne pas donner de ses nouvelles aussi longtemps, ça ne lui correspond pas du tout », raconte Laurent Dalmasso, qui dirige avec lui le garage Négoce-Auto, à Cagnes-sur-Mer.
« Je suis persuadé qu’il s’est passé quelque chose d’anormal que je ne peux expliquer, mais pour moi il est toujours vivant. Je n’ai pas le droit de croire le contraire, notamment par rapport à mes parents. »
Un héritage en Corse
« Je sais qu’il gérait plusieurs affaires et qu’il possédait des terrains en Corse, du côté de l’Île-Rousse, à la suite d’un héritage pas encore définitivement réglé, mais il se montrait très discret en ce qui concernait ses différentes activités, nous confiait hier la maman du disparu. Mon fils est un garçon honnête et droit, très croyant aussi, qui a changé quand sa femme l’a quitté. Après son divorce, il semble s’être jeté à corps perdu dans les affaires. »
« Depuis sa disparition, mon mari et moi vivons un véritable cauchemar. C’est le trou noir, même si un radiesthésiste nous a assuré qu’il était toujours en vie, ajoute Renée Dalmasso, plongée dans le désarroi qu’on imagine. Même avec nous, il était très secret au sujet de sa vie privée et de ses affaires. Il avait peut-être beaucoup d’argent, mais n’en faisait pas état et ne laissait rien transparaître. Christophe vivait d’ailleurs simplement, dans un appartement modeste. C’était tout le contraire d’un flambeur. »M. B.
[1] Il s’agit des Véran-Raspini, une mère et son fils découverts morts et sommairement inhumés sur un terrain bordant l’avenue Sainte-Marguerite.
Publié le jeudi 2 octobre 2003
par Didier Chalumeau, Michel Barelli