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Inquiétante disparition d’un chef d’entreprise cannois

lundi 13 octobre 2014

Christophe Dalmasso un homme dur en affaires

L’appel à témoins lancé pour retrouver Christophe Dalmasso n’a rien donné pour l’instant. Ses proches témoignent.
Toute la journée d’hier, le téléphone n’a cessé de sonner à Cannes la Bocca chez les parents de Christophe Dalmasso, le jeune homme d’affaires cannois inexplicablement disparu depuis le 2 septembre à Nice et dont la voiture a été retrouvée incendiée dans la plaine du Var le 9 septembre. « Nous avons reçu de nombreux appels d’amis, de relations mais aussi d’un prêtre de la région de Grenoble. Personne ne comprend. Tous ceux qui le connaissent n’imaginent pas qu’il ait pu avoir un problème, tant il est honnête et droit. »
Cannes : inconnu de ses voisins
Christophe Dalmasso logeait de temps en temps dans un petit studio, appartenant à sa tante, au 36, rue des Suisses à Cannes.
Au 7e étage de la résidence « Lou Suquettan », l’appartement est modeste, simple, loin de ce que l’on peut imaginer d’un jeune homme riche : un clic-clac dans le salon, une petite kitchenette, sur les étagères une bouteille d’huile et une de vinaigre, où est indiqué le prix de chaque produit.
Difficile de savoir qui était vraiment cet homme. Personne dans le voisinage, hier, ne semblait le connaître. Aucun commerçant ne se rappelait de lui. « Sa tête ne me dit rien » confiait le libraire. Une phrase répétée à l’envi par les riverains. Même le gardien de l’immeuble, en regardant la photo publiée dans « Nice-Matin », ne se souvenait pas de son visage.
Christophe Dalmasso était donc très discret, passant inaperçu auprès de son voisinage cannois.
L’espoir de fonder une famille
Mme Dalmasso parle évidemment de son fils Christophe au présent… pour conserver l’espoir d’un dénouement heureux. « Il n’a pas pu disparaître volontairement, ce n’est pas possible. Depuis que mon mari (NDLR : son père) est malade, il ne s’est pas passé une journée sans qu’il vienne le voir, pour prendre de ses nouvelles et lui remonter le moral », raconte sa maman qui avoue ne pas connaître grand-chose des affaires de son fils.

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L’article de Nice-Matin

Pour elle, Christophe et son frère géraient essentiellement un garage à l’entrée de la pénétrante de Cagnes-sur-Mer. « Mon fils avait changé ces derniers temps. Il travaillait énormément, mais sortait davantage… alors que ce n’était pas son habitude. Christophe est un garçon qui ne boit pas et ne fume pas. Il travaillait tellement qu’il en délaissait la religion. »
Chrétien fervent, militant de la foi proche des traditionalistes, Christophe semblait jusque-là avoir trouvé un équilibre parfait entre ses activités temporelles et sa quête spirituelle. Jusqu’à ces derniers mois. Un revirement n’avait pas manqué d’intriguer ses proches. « Il n’allait plus à la messe depuis le décès du prêtre traditionaliste de Théoule », se souvient sa maman.
« Et pourtant, la religion, c’était très important pour lui. C’est d’ailleurs à l’église qu’il avait rencontré sa future femme. Il avait à peine 18 ans lorsqu’il l’a épousée » se souvient sa mère qui évoque aussi le divorce très douloureux de Christophe. « Il était fou amoureux de cette femme de dix ans son aînée. Il a d’ailleurs reconnu la fille qu’elle avait eue d’une première union. Lorsqu’elle l’a quitté après huit ans de vie commune, Christophe a accusé le coup. »
Petit à petit, Christophe avait pourtant repris le dessus en compensant par le travail le traumatisme d’une double séparation… puisque sa fille reconnue avait aussi quitté la région pour les États-Unis.
Charly, son ami d’enfance, raconte que Christophe ne s’était pas totalement résigné à fonder une vraie famille. Au contraire. « Il voulait par-dessus tout trouver une épouse pour la vie et fonder une famille chrétienne », raconte Charly, qui décrit Christophe comme un homme simple, pas dépensier, pas flambeur, un type très bien, très « carré » en affaires.
« Il avait des goûts simples, comme la natation et aimait voyager, il avait des amis avec lesquels il sortait… mais jamais en boîte de nuit ; ça, ce n’était pas son genre », poursuit son copain, très inquiet par sa disparition.
Un strict respect des lois
Après ce chagrin d’amour, Christophe s’était lancé à corps perdu dans les affaires, en particulier l’achat et la revente de biens. Toujours avec succès et rigueur. Il avait repris des études de droit, et pour chacune des transactions qu’il effectuait s’attachait à respecter la loi à la lettre près.
Ses proches le confirment. Christophe était inflexible : « Il était même très strict, et n’hésitait pas à ester en justice avec les mauvais payeurs au risque de se faire des inimitiés voire des rancunes tenaces. Il y a quelques années, à Nice l’un de ses locataires qu’il avait sommé de payer le loyer avait incendié l’appartement qu’il louait. »
Récemment, il avait hérité de terrains agricoles non constructibles en Corse à l’Île-Rousse, mais n’en parlait pas à ses proches qu’il tenait éloignés de ses affaires. Elles étaient devenues son unique passion, son jardin secret dans lequel se trouve peut-être bien la clé de cette troublante disparition.
Mais pour l’instant, les enquêteurs n’ont pas reçu d’appels susceptibles de faire avancer l’enquête. Et l’angoisse grandit chez les siens.
Didier Chalumeau.


Les policiers renouvellent leur appel à témoins en recherchant précisément des personnes qui auraient vu Christophe Dalmasso le 2 septembre dernier aux environ de 13 heures dans le centre-ville de Nice à proximité notamment du centre commercial Nice-Étoile.

Publié le vendredi 3 octobre 2003
par Didier Chalumeau