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Wissem Kraiem, un ami bien serviable

jeudi 23 octobre 2014

Au terme de dépositions dans lesquelles il présente des versions différentes des faits, Wissem Kraiem finit par déclarer qu’à son arrivée à Château Baulieu, Edno Borba da Silva, qui était stressé et qui portait un pansement au front, lui a fait stationner sa voiture au bas de l’escalier de l’immeuble. Dans l’appartement du premier étage, il lui a montré six gros sacs-poubelle de couleur noire entreposés contre un mur du salon. Il lui a confié un premier sac, en lui demandant de le charger dans le coffre de sa voiture, de rester en bas pour surveiller les alentours et actionner la sonnette en cas d’alerte. Edno Borba da Silva a descendu quatre autres sacs. Ils ont enfin descendu à deux le dernier sac qui était le plus lourd.
Selon Wissem Kraiem, les sacs, d’une hauteur de quarante à cinquante centimètres, étaient constitués de deux ou trois sacs de plastique épais enfilés les uns dans les autres, pour assurer leur étanchéité, et noués au sommet par un « nœud sur eux-mêmes ».
Lorsqu’il soulève le dernier sac avec Edno Borba da Silva, Wissem Kraiem sent que le contenu est mou et comprend qu’il s’agit d’un corps. Ce qu’Edno Borba da Silva lui confirme en lui déclarant qu’il a tué un homme à la suite d’une dispute et qu’il a découpé le corps, dans la baignoire « pour éviter qu’il y ait du sang partout ». Wissem Kraiem précise que le sol du salon était propre, encore humide après un nettoyage récent et qu’aucune odeur particulière n’était décelable dans l’appartement.
Wissem Kraiem charge ces sacs dans son propre véhicule et à aucun moment, pendant qu’il descend les sacs, il ne voit Lucie Dalmasso à Château Beaulieu. Il conduit en direction d’Antibes à la demande d’Edno Borba da Silva, puis stoppe à un endroit qu’il connait aux environs de Vallauris afin de jeter les sacs dans un ravin.
Sur le chemin du retour, Edno Borba da Silva reçoit un appel téléphonique d’une femme qui devait être son amie Lucie Dalmasso car il s’agissait d’une voix féminine ; au cours de l’échange qui se tient en portugais, Edno Borba da Silva s’exclame : « touto bon, touto bon », et précise en français : « c’est réglé ». Wissem Kraiem raccompagne ensuite Edno Borba da Silva chez lui, où ils boivent un verre. Edno Borba da Silva lui remet les clés et la carte grise du véhicule BMW appartenant à Christophe Dalmasso. Wissem Kraiem refuse un chèque que veut également lui donner Edno Borba da Silva. Il utilise ce véhicule une dizaine de jours avec les nommés Krystian Armatys et Alexandre Nouschi, avant de l’incendier à Nice-la-Plaine.
Wissem Kraiem ne se souvient pas des nombreux contacts téléphoniques avec Edno Borba da Silva, les 1er, 2 septembre et jusqu’au 14 octobre 2003. Il ne donne aucune explication sur le fait que la ligne 70.98 avait activé la borne de Château Beaulieu dès 5h06, le 2 septembre.
Wissem Kraiem partira en Tunisie du 7 décembre 2003 au 6 janvier 2004. Il affirme n’être pas concerné par la mise à l’encaissement en Tunisie, à la même époque, d’un chèque falsifié d’un montant de 59.000 € appartenant à Christophe Dalmasso
Le 5 août 2009, Wissem Kraiem est mis en examen du chef de complicité d’homicide volontaire.