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Nouvelles études sur les textos

jeudi 23 octobre 2014

Lucie Dalmasso est à nouveau interrogée sur les textos reçus sur son téléphone portable dans le courant de l’année 2004, et dont les termes étaient menaçants ou évoquaient la présence de Christophe Dalmasso au Brésil. Ces mêmes textos dont Edno Borba da Silva conteste être l’auteur et que Lucie Dalmasso est suspectée d’avoir manipulés, malgré les difficultés techniques que suppose apparemment une telle manipulation. Lucie Dalmasso ne fournit aucune explication nouvelle sur le fait que l’huissier avait constaté la teneur de seulement quinze des cinquante-sept textos marqués « Marréco » reçus durant la période considérée. Selon son souvenir, les textos non retranscrits ne devaient pas présenter d’intérêt.
Les vérifications entreprises, si elles ne permettent pas d’affirmer avec certitude que ces textos provenaient tous de la ligne d’Edno Borba da Silva, faute de « fadets » disponibles sur l’intégralité de la période, conduisent à constater que le texto reçu par Lucie Dalmasso le 31 août 2004 provenait bien d’une ligne d’Edno Borba da Silva. En outre, ces textos s’inséraient entre les communications téléphoniques émises ou reçues sur la ligne d’Edno Borba da Silva, ainsi qu’il résulte des interceptions téléphoniques réalisées à cette époque.
Lors des débats devant la Cour d’assises, Maria de Fatima Marsaud, qui a été l’interprète habituelle d’Edno Borba da Silva, a été missionnée pour donner son avis sur le contenu des textos, au regard du vocabulaire et de la manière habituelle de s’exprimer d’Edno Borba da Silva. Au terme de son rapport déposé le 21 mars 2009, elle considère que les tournures utilisées dans la plupart de ces messages ne correspondent pas à des expressions d’Edno Borba da Silva ou constituent des fautes typiquement commises par un francophone. Au total, elle estime que trois ou quatre textos « auraient pu éventuellement être composés par Edno Borba da Silva ».
Ces messages ont fait l’objet d’une expertise, confiée à Madame Cypel, expert en langue portugaise. Celle-ci confirme, après avoir écouté des conversations enregistrées, qu’Edno Borba da Silva est Brésilien, originaire du Nord-Est de ce pays. Les textos reçus par Lucie Dalmasso apparaissent d’une grande pauvreté, mal construits et emplis de fautes d’orthographe. Ces fautes sont toutefois différentes de celles relevées dans les notes manuscrites d’Edno Borba da Silva et peuvent résulter de l’intervention d’un correcteur automatique d’orthographe. L’expert ne peut en définitive affirmer avec certitude quelle est la nationalité du scripteur de ces messages.
Les interceptions téléphoniques mises en œuvre sur la ligne d’Edno Borba da Silva entre le 2 et le 24 septembre 2004 évoquent, de façon confuse, des transactions financières, que Lucie Dalmasso met en relation avec des faux passeports qu’elle dit avoir demandé à Edno Borba da Silva de lui procurer pour pouvoir rejoindre son père au Brésil à l’insu des enquêteurs. Elles confirment les demandes formées par Lucie Dalmasso d’avoir des nouvelles de son père, et de recevoir des preuves de ce qu’il était toujours vivant. Dans une conversation avec Cléonaccio Frota da Souza, Edno Borba da Silva assure que Christophe Dalmasso se trouvait au Brésil et qu’il allait aider la police à le localiser à Rio de Janeiro. La sincérité de ces propos apparait sujette à caution, les intéressés se sachant vraisemblablement sous écoute durant cette période.